Du 22 au 25 novembre au grand Palais a lieu l’exposition « L’usine extraordinaire« . Sous l’impulsion de la Fédération des Industries Mécaniques (la FIM), un ensemble d’industriels partenaires et mécènes ont exposé sur 13000 m2 un ensemble d’animations avec l’objectif de resserrer les liens entre l’industrie et le grand public et d’en redorer l’image notamment auprès des jeunes.
Dooxy y était pour échanger avec les professionnels de la Smart Factory et de la Supply Chain. Les échanges ont été passionnants, voici quelques unes des applications concrètes que vous avons sélectionnées pour vous.

De nouvelles technologies au service de la formation

La réalité virtuelle a eu une place de choix et de nombreux stands en ont démontré des utilisations opérationnelles.
Pour former les jeunes déjà: la SNCT (syndicat national de la chaudronnerie, tuyauterie et maintenance industrielle) présentait un module de formation dans les cycles professionnels pour les opérations en chaudronnerie. Il est évident que cette approche a redoré les blasons d’une filière vue comme vieillissante et trop peu attractive.
Pour former aux environnements dangereux. Sanofi à montré un prototype de formation permettant d’entrainer les nouveaux employés avant leur première intervention en environnement de production, même de leur laisser commettre des erreurs dans l’environnement virtuel, ce qui est bien sur impossible en réel.
Enfin pour affiner la formation afin d’atteindre l’excellence opérationnelle. KSB, fabricant de pompes, expliquait que son training center était utilisé par ses sous traitants notamment pour se préparer aux interventions en milieu nucléaire, afin de garantir une efficacité suffisante pour maitriser les opérations dans un délai contraint.

KSB présente son module de formation utilisé notamment par les intégrateurs pour se préparer aux interventions en milieu nucléaire

Utilisation de la réalité virtuelle dans le secteur aéronautique

La SNCT présente un module de formation pour les jeunes en filière pro

Autre technologie: 7shapes a présenté un serious game pour former aux méthodes du lean. Avec une approche à la fois ludique et réaliste, les apprenants (étudiants ou salariés d’une entreprise souhaitant adopter une approche lean) peuvent monter en compétence d’une manière très efficace. Si aujourd’hui le logiciel est orienté fabrication au niveau white belt, de futures modules visant les niveaux plus élevés (yellow, green voire black belt) et extensions au lean en logistique ou encore au lean construction sont en préparation.

Concevoir, prototyper

Afin de gagner du temps et de l’argent sur les phases de prototypage, la encore les nouvelles technologies peuvent être d’une grande aide. La réalité virtuelle classique bien sur, mais aussi d’autres variantes, comme la VR à échelle 1 présentée par Michelin et Techviz. Afin de se rendre compte du rendu à l’échelle et de travailler de manière collaborative, cette technologie à base de lunettes 3D et d’un joystick de navigation permet notamment de travailler sur des grandes dimensions

Fabrication et supply chain

Bien sûr les cobots (robot collaboratifs) ou encore la fabrication additive industrielle (impression 3D) et  étaient fortement représentés sur le salon. Nous avons notamment discuté avec les équipes de Sanofi qui présentaient une imprimante 3D à médicaments. Celle-ci permettra aux CHUs et centres de soins de préparer des dosages personnalisés de manière bien plus rapide et précise que ce qui est fait aujourd’hui avec les gélules. La technologie est déjà assez mature et les temps de passer les procédures de mise sur le marché on peut attendre ces innovation d’ici à quelques années.

En ce qui concerne la fabrication, des alliances entre industriels, sociétés de conseil et entreprises IT (Accenture, BCG, Altran..) ont présenté des avancées intéressantes dans les domaines:

  • de l’usine 4.0, avec notamment le projet « Plant Control Tower » de Sanofi. Connecté à un datalake qui agrège les données de l’usine de ses différentes sources (SAP, logiciels de Manufacturing Execution System ou MES, autres sources…), la solution « smartdata » permet à l’aide de modèles prédictifs d’anticiper les impacts d’un évènement futur (maintenance préventive par exemple) et de prendre les bonnes décisions sur le processus de fabrication.
  • de la chaine logistique globale (global supply chain). Avec une supply chain toujours plus complexe, là encore l‘intelligence artificielle et les systèmes big data permettent de prédire au mieux la demande et les points de blocage et d’anticiper les décisions optimales pour y remédier.

Tous les acteurs que nous avons interrogé ont souligné que si les technologies sont matures, la difficulté majeure de mise en oeuvre concerne les data: obtenir des données de qualité, au bon moment, est clé pour que les algorithmes fonctionnent comme attendu. Une nouvelle culture data est essentielle à tous les stades de l’entreprise, l’enjeu est plus humain que technologique.

Plant Control Tower (Sanofi)

Solution Kinaxis présentée sur le salon

Gestion de la qualité et maintien en conditions opérationnelles

La réalité augmentée, qu’elle soit réalisée avec des casques type Hololens, ou des projections directement dans l’espace de travail, permet d’enrichir les données à disposition des collaborateurs et donc de fiabiliser les opérations et de faciliter les opérations de maintien en conditions opérationnelles notamment dans les environnements complexes.

Nous avons pu tester un casque Hololens et partager le retour d’expérience de professeurs des arts et métiers qui ont mis en oeuvre des systèmes à visée pédagogique. C’est la simplicité de mise en oeuvre qui est soulignée par les professionnels: dès lors que l’on dispose des modèles 3D, par exemple avec les outils du marché type Catia ou Solidworks, les logiciels d’exports et de programmation de l’interface homme machine facilitent grandement les étapes pour finaliser le projet.

L’intelligence artificielle a permis à Microsoft de proposer à Sanofi un système de contrôle vidéo de l’habillage des opérateurs avant de pénétrer en zone de production (port correct de la blouse, charlotte). Ce système a été programmé en machine learning avec un lot d’apprentissage d’environ 100 photos, nous ont confié les ingénieurs de microsoft en charge du projet. Le système était en démonstration et la qualité de l’analyse était bluffante.

Et pour les PME ?

Certes les groupes industriels présents étaient plutôt des grands comptes (Michellin, BioMérieux, Sanofi, Enedis, engie ..) et quelques ETI (Fives, Redex, Pourjoulat…) – liste complète des partenaires ici, les PME étaient plutôt rreprésentées par les fédérations et clusters.

Mais les interlocuteurs qui ont présentés des cas d’usage concrets ont souligné la maturité des technologies et la relative facilité de mise en oeuvre, les solutions étant de plus en plus sur étagère. Bien sûr il y a des investissements à réaliser, mais c’est surtout le travail préparatoire d’identification précis des objectif et de préparation des data qui est le réel facteur clé de succès de la transformation numérique industrielle. Alors vous vous lancez quand ?

Conclusion

L’écosystème industriel français, regroupant autour des grandes entreprises les organismes de formation, les syndicats professionnels, les entreprises du conseil et de l’IT, a su démontrer que l’industrie du futur est prête, et que la France a de solides atouts pour relever les enjeux de compétitivité de la filière.
L’exposition a été l’occasion pour notre région Auvergne Rhône Alpes de présenter la maquette du futur Hall 32, haut lieu de formation et d’innovation autour des métiers de l’industrie du futur, à Clermont Ferrand.
Nous retiendront de notre visite de nombreux cas très concrets d’application, et les étoiles dans les yeux des jeunes visiteurs. Et des moins jeunes aussi !
Notre conseil

Pour mener a bien un projet de transformation numérique industrielle, l’équipe dirigeante doit se doter à la fois:

  • d’une vision stratégique adaptée à la digitalisation de l’industrie (comprendre les raisons profondes des évolutions des  attentes des clients, identifier des nouveaux acteurs et des plateformes, identifier les leviers de croissance adaptés à leur entreprise, faire évoluer les business models)
  • d’une compréhension des enjeux des technologies (réalité virtuelle et augmentée, internet des objets, big data, intelligence artificielle), non pour en être experts mais pour mesurer la maturité et le potentiel dans un contexte précis
  • de clés méthodologiques de mise en oeuvre et de management

Au travers d’une offre complète de formation, de conseil et d’assistance à maitrise d’ouvrage, Dooxy est à même de vous accompagner sur ces thématiques au service de votre croissance.

Aller plus loin…

A propos de l’auteur

Consultant en transformation digitale, Thomas accompagne notamment des acteurs de l’industrie du futur. Membre de l’équipe « Ateliers Usine du Futur » à la CCI de l’AIN, il enseigne aussi à l’EM Lyon en formation continue un module « Transformation Digitale de la Supply Chain » et à l’Université de Lyon différents modules du DU Transformation Numérique des PMEs.

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